Fiction 7

Il n'existe pas de feminin pour le therme Marin.

Pourtant des femmes marins, moi, j'en connais

plein. Nous nous croisons parfois à l'heure où les faubourgs s'éveillent,

car il n'y a qu'ici qu'on les croise, accoudées au zinc d'un vieux bar sans âme

ou sur le bitume marchand d'un pas lent dans la brume du matin. `


Il y a quelque chose dans leur regard qui vous bouleverse, quelque chose de persan.

Les femmes marins de leur seul regard peuvent vous glacer le sang.

Dans leurs yeux on peut lire tant d'histoires, les rebonds et les faussés.

Et si l'on se demande parfois comment font les femmes de marins,
celle
qui attendent patiemment à terre le retour de leur destin, pour vivre,
les femmes marins, elles, ont pris en main leur destin. 

Elles ont une multitude de ports d'attache mais ne se fixent jamais.

Tout au plus auront-elles essayé quelques fois.

Mais quelque chose d'autre les anime.

Toujours le même rêve d'un possible ailleur.


Qui a t il dans leur Coeur qui les pousse toujours et encore à naviguer de port en port?

Loin des conventions sociales, elles ont troqué leur 'sensiblerie' pour une bonne dose de courage, N'en faut-il pas du courage pour tout oublier?

Faire table rase du passé et tout recommencer.

C'est le prix qu'il en coute a leur liberté.


Enfants terribles elles ont plusieurs fois fait leur baggage et tout quitté sans se retourner.

On percoit en sous-couche les strates de leurs amours passés. Le corps, la posture et

le geste parlent pour elles.

Combien de bonjour et combien d'au revoir?  Et combien d'Amour entre ces instants T?

Combien de larmes dans ces beaux regards.

 

J'aime les regarder tirer sur un vieux mégot, pour se donner du courage

ou de la consistance. J'aime voir aux coins de leurs yeux se dessiner de petites rides

et des volutes de fumée envahir leurs cheveux.  

J'aime les tattouages sur leurs épaules, presque effacés.

J'aime le mystère et l'amertume qu'elles dégagent.


J'aime les voir disparaitre dans l'horizon sur le quai.

Les femmes marins.

Ce n'est pas la femme qui prend la mer, c'est la mer qui prend la femme et

qui l'emmène loin, très loin vers de possibles ailleurs.



13/12/2009
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